Historique de la bière en France

Antiquité

L’histoire de la bière débute avec les premiers écrits remontant à l’époque mésopotamienne, plus de 4 000 ans avant Jésus-Christ. La bière arrive en Europe vers 5000 – 4800 avant Jésus-Christ suivant deux courants : le courant danubien (Europe de l’est) et le courant méditerranéen (sud de la France).

Contrairement à ce que l’on croit, la bière a été fabriquée et consommée très tôt en Grèce et à Rome, avant d’être, il est vrai, partiellement remplacé par le vin. Les romains avaient ainsi créé des brasseries le long du pourtour méditerranéen.

Les Germains et les Gaulois l’adoptèrent au 1er siècle avant notre ère. Ils la fabriquaient avec de l’orge, du froment ou de l’avoine malté et l’aromatisaient avec du miel, du gingembre.
A l’époque, on ne parlait pas de bière, mais de cervoise. Ce terme faisait référence à la légende selon laquelle Cérès, déesse des moissons et des céréales, aurait découvert la boisson et en aurait fait bénéficier les peuples dont les terres ne se prêtaient pas à la culture de la vigne.

La popularité qu’elle allait connaître tient notamment, à la crainte des maladies que pouvait provoquer la consommation d’eau, par suite du manque d’eau potable.

Roman Amphora

Amphores à bière.

BiereMoyenAge

Brasserie au Moyen Âge

Moyen Âge

Jusqu’au IXème siècle, la fabrication de la cervoise n’évolua pas. Elle resta au stade de la production familiale.

Au cours des siècles qui suivirent, la brasserie s’organisa. La production à domicile cessa et chaque village eut sa brasserie publique. De leur côté, les monastères entreprirent de brasser pour les besoins de leurs communautés.

L’histoire de la bière prend un nouveau tournant vers l’an mille. Les monastères vont développer l’introduction du houblon qui va progressivement remplacer toutes les autres herbes et épices utilisées jusque-là pour aromatiser la bière.

En assurant une plus longue conservation à la bière, le houblon allait favoriser son transport et donner à son commerce un plus large rayonnement.

Charlemagne confère d’ailleurs le monopole de la fabrication de la bière aux moines. Du IXè au XIVè siècle, la bière était ainsi principalement fabriquée par les moines. Les laïcs s’adonnant à cette pratique devaient s’acquitter d’une taxe : le droit de Gruyt qu’ils reversaient aux moines.

La Renaissance

En France, fabriquer de la bière est réglementée et fiscalisée, le statut des brasseurs de Paris est défini en 1489 et le terme de « bière » est utilisé. La bière doit être fabriquée uniquement par des maîtres brasseurs et à partir des ingrédients suivants : du grain, de l’eau et du houblon.

Biere-moine

Moines brasseurs

brasserie1910
Chariot_a_biere

Révolution Industrielle

Découvertes scientifiques et progrès technologiques vont se succéder en quelques années au début du 19ème siècle. Alors que les bières artisanales dites de fermentation haute sont brassées entre 15 et 20°C, les tchèques de la ville de Pilsen inventent une bière de fermentation basse, élaborée entre 7 et 12°C, particulièrement dorée et limpide, qui se fera connaître sous le nom de Pils.

Procédé nécessitant des moyens importants de réfrigération que le développement des moyens de transports rendit possible, permettant aux brasseurs de faire venir neige et glaces des montagnes et de les conserver dans des caves-glacières.

La Pils (ou lager), s’impose rapidement auprès des consommateurs : rafraîchissante et mousseuse, elle a manifestement plus d’attraits que les autres types de bières, au point de devenir, au XXe siècle, la référence mondiale pour la bière, supplantant presque partout les bières traditionnelles, et accompagnant l’extrême concentration et standardisation de l’industrie brassicole.

Bien que millénaire et solidement enracinée dans des régions françaises comme le Lyonnais, l’Alsace ou le Nord, la culture de la bière artisanale française s’est en effet considérablement appauvrie depuis le début du 20ème siècle.

Sous l’effet des fusions & acquisitions et de la standardisation des goûts portée par les grandes unités industrielles puis le développement des enseignes de grande distribution, le nombre de brasseries en France est en effet passé de plus de 3 000 établissements à moins d’une cinquantaine en l’espace d’un siècle.

Paris comptait encore plus de 60 brasseries à la fin du 19ème siècle, et près de 30 brasseries pendant l’entre-deux guerres, concentrées pour l’essentiel entre les 13ème et 14ème arrondissements.

C’est toute une industrie qui a perdu son savoir-faire et s’est retrouvée circonscrite à la production en masse de bières standards, sans aucun lien avec les grandes cultures locales et oubliant ses recettes régionales.

Le Renouveau de l’Industrie brassicole Artisanale

On observe cependant le phénomène inverse depuis maintenant 20 ans, avec le renouveau de la bière artisanale en France, portée par une envie de consommer des produits locaux de caractère, fabriqués de façon responsable et respectueux de l’environnement.

Alors qu’il n’avait été créé aucune nouvelle brasserie en France depuis les années 1940, de nombreuses brasseries artisanales ont ainsi été créés ces dernières années. On dénombre aujourd’hui plus de 600 microbrasseries artisanales réparties sur l’ensemble du territoire français.

histoire-biere-artisanale-france-parisienne-paris-degustation-fermentation-jean-barthelemy-chancel
LOGO-MONO-LP-CERCLE_ROUGE-LP